LES FATWAS DU CEFR
LORS DE SES PREMIERE ET DEUXIEME SESSIONS
La prédication (Al da'wa)
Fatwâ n°1
Question : En vous appuyant sur les textes coraniques et prophétiques ainsi que sur les dires des savants musulmans, pourriez-vous nous éclairer sur le séjour du Musulman dans un pays non musulman ?
Fatwâ n°2
Question : Le hadîth du Prophète ˜ qui parle de la catégorie de personnes qui sera sauvée, crée beaucoup de troubles parmi les Musulmans. En effet, certains prétendent faire partie de cette catégorie et ne se gênent pas pour dénigrer les autres qu'ils pensent être dans la catégorie de ceux qui périront. Pourriez-vous élucider ce point et nous donner une réponse bien étayée ?
Fatwâ n°3
Question : Je suis un jeune Musulman pratiquant qui réside en Allemagne depuis quelques années. Malheureusement, j'ai dévié du droit chemin au point de commettre plusieurs fois l'adultère avec ma petite amie et de boire de l'alcool. Aujourd'hui et depuis le début du mois de Ramadan, j'ai décidé de renouveler mon repentir et Dieu m'y a aidé. En effet, j'ai recommencé à prier et à jeûner tout en espérant que cela dure. Toutefois, j'aurais la conscience plus tranquille et l'âme réellement purifiée si je pouvais expier ma faute en me soumettant à la sentence du Tout Puissant. Quelle solution me proposeriez-vous ?
Fatwâ n°4
Question : Un athée interroge un converti sur la peine prévue contre l'apostat, sachant qu'il considère que la peine de mort est une violation de la liberté de croyance. Que pourrait-il alors lui répondre ?
Fatwâ n°5
Question : Est-ce que le nouveau ou la nouvelle convertie est obligé(e) de suivre l'avis d'une des quatre écoles existantes: Hanbalite, Malikite, Hanafite et Chafi'ite? Si tel est le cas, ont-ils le droit de choisir librement l'avis jurisprudentiel qu'ils souhaitent ? La femme est-t-elle tenue de suivre le même avis jurisprudentiel que son mari ?
Fatwâ n°6
Question : Si une femme convertie éprouve encore de la gêne à se couvrir la tête, pourrions-nous l’obliger à le faire au risque de la pousser à s’éloigner de l’islam ?
La purification corporelle et la prière
Fatwâ n°7
Question : Nous faisons souvent l'objet de critiques de la part de personnes propriétaires de chiens car nous craignons l'impureté de ces derniers. Existe-t-il un avis jurisprudentiel qui soit en mesure de lever cette gêne ?
Fatwâ n°8
Question : Est-il est permis d'avoir un guide dans la prière (imam) qui commet quelques contraventions religieuses ?
Fatwâ n°9
Question : Est-ce que le fait de faire la prière de l'absent (à l'attention d'une personne décédée dans un pays islamique) dans le but de chercher la rétribution de Dieu, est considéré par l'islam comme une innovation, sachant que le Prophète ˜ n'a jamais accompli cette prière deux fois pour une même personne ?
Les finances
Fatwâ n°10
Question : Est-il permis de récolter l'argent de l'aumône légale (zakât) des Musulmans résidents en occident pour la distribuer en plusieurs fois, sur une année entière, aux nécessiteux qui pourraient se trouver rapidement dans le manque ou en avoir besoin pour des occasions particulières ?
Fatwâ n°11
Question: Je suis un étudiant résidant depuis deux ans en Grande Bretagne et je percevais une bourse de mon pays d'origine, par le biais d'une banque qui me versait de faibles intérêts dont je n'évaluais pas la valeur car elle n'était pas fixe. J'ai dépensé une grande partie de cet argent mais j'ai omis d'en rabattre les intérêts.
Je souhaite savoir s'il m'est possible aujourd'hui de rabattre ces intérêts, d'en estimer la valeur en devise locale de mon pays et la façon dont je dois procéder ?
En ce qui concerne mes avoirs fixes actuels sur mon compte bancaire qui s'élèvent à environ 1000 dollars américains depuis deux ans, puis-je payer la zakât dessus après une année révolue, sachant que j'épargne cet argent pour payer mes frais d'inscription de l'année suivante ?
Fatwâ n°12
Question : Est-il est permis de recevoir des dons de la part de personnes riches dont les biens font l'objet de soupçons quant à leur origine, ou de la part d'associations ou d'institutions non musulmanes, dans le but de construire entièrement ou partiellement une mosquée ?
Fatwâ n°13
Question : La carte VISA présente de nombreux avantages, aussi bien pour l'émetteur que pour le détenteur qui peut effectuer partout dans le monde des achats sans frais et recevoir en fin de mois un relevé de compte pour les régler en l'espace de cinquante jours. En cas de retard de paiement, la banque exige de l'acheteur des intérêts de retard. Les avantages de cette carte concernent également la banque qui se réserve le droit de prendre 2% sur l'ensemble des ventes réalisées par le vendeur chez qui le détenteur de la carte a effectué ses achats. De plus, la banque propose à l'association caritative, qui le souhaite, d'avoir une carte VISA portant son nom et se charge pour cela de toutes les démarches administratives.
L'avantage de cette opération est que l'association perçoit des bénéfices à chaque utilisation de la carte par son détenteur et ce, sans engagement de frais d'aucune part. En revanche, la banque exige que l'association lui fournisse les adresses de ses donateurs pour les encourager à se munir de la carte VISA. L'association a aussi la possibilité de faire distribuer mensuellement aux détenteurs de la carte, ses courriers par le biais de la banque, ce qui constitue une économie de frais postaux.
La question est donc la suivante : Est-il est permis à cette association caritative de devenir un concessionnaire de la banque pour commercialiser ses cartes VISA, moyennant la promotion et le soutien de ses projets par la banque ?
Le gagne-pain et les moyens de vivre
Fatwâ n°14
Question :
Je suis Musulman et je travaille dans un Mc.Donald's où l'on vend, entre autres aliments, de la viande de porc. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il est difficile de trouver un emploi pour vivre ; et je suis obligé de faire ce travail car je suis seul à subvenir aux besoins de ma femme qui est sur le point d'accoucher. Dois-je alors chercher un autre travail et quitter celui-ci ?
Fatwâ n°15
Question :
Un de nos frères musulmans a ouvert en France un restaurant dont l'affluence est faible parce qu'il ne vend pas de boissons alcoolisées. Serait-il autorisé, dans ce cas, à en vendre afin de faire marcher son affaire, et en sachant qu'il envisage de faire don de l'intégralité de la recette de cette vente aux personnes dans le besoin ?
Cette même personne se voit sollicitée pour louer son restaurant comme salle de fête à des clients. Sachant d'une part, que des boissons alcoolisées y sont distribuées et, de l'autre, qu'aucun ustensile du restaurant n'est utilisé et que le propriétaire du restaurant ne participe pas aux festivités, ce genre de location serait-elle permise ?
Enfin, nous avons appris que dans certains pays musulmans, un type de bière ne contenant pas d'alcool était en vente. Serait-il permis de la consommer ou de la vendre ?
Fatwâ n°16
Question :
J'ai une somme d'argent que j'ai ajoutée au capital d'un commerçant en vue de monter une affaire dont nous allions profiter tous les deux. Dieu est témoin de mes propos que je n'avais nullement l'idée de pratiquer l'usure d'une aucune manière que ce soit. J'ai alors proposé à cet homme de nous accorder sur un taux de bénéfice et de perte ; mais il a refusé, sous prétexte que cela l'obligerait à faire beaucoup de calculs, ce qu'il ne souhaitait pas. J'ai pensé qu'il y avait d'autres raisons derrière son refus comme, par exemple, ne pas me tenir au courant des bénéfices réels de son affaire. Pour couper court à la polémique, il a décidé de me consacrer annuellement 10% des gains en me rassurant qu'il n'y avait pas le moindre soupçon d'usure dans l'affaire.
Pour ma part, si les bénéfices de l'argent que j'ai donné au départ dépassent les 10%, alors je les accepte ; de même que j'accepte d'en céder l'excédent à ce commerçant, car je considère qu'il vaut mieux que j'investisse cet argent au lieu de le laisser dans mon casier ou sur un compte en banque.
Mais si les bénéfices sont inférieurs à 10% ou si le projet échoue, j'inviterai, à ce moment là, le commerçant à prêter serment pour me dire la vérité, et je serai ensuite prêt à partager les gains ou les pertes en fonction de ce qu'il me dira.
Je vous prie de me conseiller et de m'indiquer la voie à suivre.
Le mariage et le divorce
Fatwâ n°17
Question :
Quelle est la légitimité du mariage d'intérêt sachant qu'il peut prendre plusieurs formes ?
Exemples :
Un homme et une femme se mettent d'accord pour conclure un acte de mariage moyennant une somme d'argent forfaitaire ou échelonnée sur des années selon les termes de l'accord non déclaré. Somme que la femme perçoit en acceptant de l'accompagner à la préfecture, au service des étrangers, afin de faciliter la délivrance d'un titre de séjour définitif.
Entre temps, les deux contractants peuvent, soit vivre sous le même toit comme un couple marié mais dont l'union sera défaite aussitôt après l'obtention par le mari des papiers officiels de séjour, soit vivre séparément et ne se rencontrer qu'une fois par an pour aller à la préfecture et ce, jusqu'à obtention définitive du titre de séjour par le mari. Chacun d'eux continuera ensuite son chemin.
Il faut noter que ce type de mariage pourrait être conclu aussi bien par un homme que par une femme, musulmans tous les deux ou l'un des deux seulement.
De plus, durant cette période, les deux époux ont des droits et des devoirs conjugaux légaux, qu'aucun d'entre eux ne peut renier. Nous pouvons imaginer une femme qui contracte ce genre de mariage et qui tombe enceinte ; elle donnera naissance à un enfant qui portera le nom d'un père provisoire. De même que si ce dernier réclame ses droits conjugaux, la femme ne pourra juridiquement pas s'y soustraire, notamment si c'est elle qui a besoin de papiers de séjour. Ce type de mariage est conclu, tout comme le reste des contrats civils, à la Mairie.
Le contrat de mariage peut également être juridiquement légal mais les deux parties dissimulent les termes d'un contrat vicieux auquel assistent quelques membres des deux familles respectives.
Il existe un autre type de mariage, celui conclu entre un homme et une femme dans le but d'obtenir un titre de séjour. Dans ce cas, le mari donne une dot à la femme qui n'est pas au courant de la mauvaise foi de son prétendant. Celui-ci ne prévient pas ses proches et ses amis de ses intentions réelles qui restent secrètes jusqu'à l'atteinte du but.
Fatwâ n°18
Question :
Un Musulman vivait en concubinage avec une femme chrétienne et conclut avec elle par la suite un mariage civil, après avoir eu ensemble une petite fille. Aujourd'hui, il souhaite établir un acte de mariage religieux. Pouvions-nous répondre à sa demande et que nous conseillez-vous de faire avant cela ?
Fatwâ n°19
Question :
Est-ce qu'il appartient au nouveau marié de répudier sa femme s'il constate qu'elle n'est pas vierge, malgré sa bonne foi et son serment devant Dieu, qu'elle est honnête et qu'elle l'a probablement perdue lors d'exercices sportifs, par exemple ?
Fatwâ n°20
Question :
Le mari a-t-il le droit d'assister à l'accouchement de sa femme ?
Fatwâ n°21
Question : La femme est-elle tenue de demander la permission à son mari pour couper ses cheveux ?
Fatwâ n°22
Question :
Ma femme est étudiante en médecine. Elle est tombée enceinte dans des moments difficiles, ce qui l'a contraint à se faire avorter au 120ème jour de grossesse. Bien que cet acte n'a pas été délibéré car accompli sous une contrainte morale et physique, ma femme est rongée par les remords, d'autant plus que l'islam l'interdit même en début de grossesse. Aussi, nous souhaitons savoir le montant d'argent qu'il faut payer pour expier notre faute, pourriez-vous nous en informer ?
Fatwâ n°23
Question :
La femme est-elle tenue, pendant une période de convalescence ou après l'accouchement, de remplir son devoir d'hospitalité à l'égard des personnes qui viennent pour la féliciter ou pour voir le nouveau-né ?
Fatwâ n°24
Question :
La femme est-elle tenue, en période de maladie, d'offrir l'hospitalité aux invités de son mari ?
Fatwâ n°25
Question :
Le mari a-t-il le droit d'interdire à son épouse d'assister à des rencontres islamiques entre femmes ?
Fatwâ n°26
Question : Un mari envoie la totalité de son salaire à ses proches dans son pays d'origine et vit des revenus de son épouse qui assume toutes les charges de la famille. A-t-il le droit d'agir ainsi ?
Fatwâ n°27
Question :
La femme a-t-elle le droit d'ouvrir un compte bancaire en son nom propre pour y verser son salaire ? Ou faut-il que ce soit un compte joint avec son mari pour les dépenses de la famille ?
Fatwâ n°28
Question :
Comment la femme peut-elle se comporter face aux problèmes liés aux différences de traditions dans son couple ?
Fatwâ n°29
Question : A qui la femme musulmane pourrait-elle s'adresser en cas de problèmes familiaux et de conflits conjugaux ?
Fatwâ n°30
Question :
Est-ce qu'un père est tenu de participer à des séminaires traitant des solutions aux problèmes d'enfants ?
Fatwâ n°31
Question :
Un mari musulman a-t-il le droit d'interdire catégoriquement à sa femme occidentale musulmane de rendre visite à ses parents non musulmans ou de le lui permettre, mais que rarement ?
La chari'a préconise-t-elle la rupture des liens parentaux et familiaux après la conversion à l'islam ?
Fatwâ n°32
Question :
Est-ce qu'un mari a le droit d'interdire à sa femme de rendre visite à une femme bien précise, une femme non musulmane par exemple ?
La nourriture
Fatwâ n°33
Question :
Il existe dans notre ville des restaurants dont les propriétaires sont des druzes* arabes dont nous avons entendu dire beaucoup de choses. Nous est-il permis de manger dans ces restaurants, sachant que ce ne sont pas les druzes eux-mêmes qui effectuent l'abattage des bêtes dont ils servent la viande ? Avons-nous le droit d'y manger autre chose que la viande ?
Fatwâ n°34
Question :
Les ingrédients de certains aliments font apparaître la lettre E suivie d'un chiffre qui laisse supposer que le produit contient une matière dont l'origine est, soit la graisse soit les os de porc. Si ceci est confirmé, quel est l'avis de la chari'a concernant ces aliments ?
L'éthique et les bonnes manières
Fatwâ n°35
Question :
Existe-il une objection religieuse à avoir un prénom composé. Exemple : Sarah-Karima ? Un(e) converti(e) peut-il (elle) conserver son prénom d'origine et lui rajouter un autre musulman ?
Fatwâ n°36
Question :
Que dit la chari'a au sujet des cérémonies de mariage mixtes ?
Fatwâ n°37
Question :
Que dit la chari'a à propos des maris qui interdisent à leurs femmes d'adresser la parole à des hommes alors qu'ils se permettent de le faire avec toutes les femmes ?
Fatwâ n°38
Question :
Une fille a-t-elle le droit de monter sur un vélo sachant qu'elle risque d'y perdre sa virginité ?
Fatwâ n°39
Question :
Les femmes sont-elles autorisées à participer avec des enfants à des jeux collectifs dans lesquels quelques mouvements de danses sont accomplis avec un accompagnement musical ?
Fatwâ n°40
Question :
Pouvons-nous acheter à nos enfants des feux d'artifices et des pétards en période de fêtes de fin d'année chrétienne, pour les utiliser pendant les fêtes musulmanes, ou dans la nuit du nouvel an chrétien, ou même en dehors de ces périodes ?
Fatwâ n°41
Question :
Quel est l'avis de la chari'a en ce qui concerne la masturbation sachant qu'elle peut empêcher son auteur de commettre la fornication ?
Diverses fatwâs
Fatwâ n°42
Question :
Est-il est permis au Musulman de participer aux élections municipales en Europe ou de voter pour un candidat qui ne servirait pas les intérêts des musulmans ?
Fatwâ n°43
Question :
Je travaille en tant que médecin dans un hôpital en Grande Bretagne et je suis souvent sollicité pour apposer ma signature sur des attestations certifiant l'inexistence de risque de pollution radioactive pour certains corps de morts dont les familles souhaitent l'incinération. Sachant que nous sommes payés pour cet acte, que je peux grâce à Dieu me passer de cet argent, je n'ai aucun problème à ne pas signer un tel document car c'est un travail très convoité par les médecins qui l'accepteraient volontiers, moyennant l'argent supplémentaire qu'ils percevraient. Est-ce que l'islam m'autorise à signer ce type d'attestation ?