| Fatwâ n°1 |
| Question : En vous appuyant sur les textes coraniques et prophétiques ainsi que sur les dires des savants musulmans, pourriez-vous nous éclairer sur le séjour du Musulman dans un pays non musulman ? |
Réponse : Cette question a suscité beaucoup de polémique et de troubles parmi certains Musulmans qui se sont basé sur des avis extrémistes, exigeant de tout Musulman résidant dans un pays non musulman de le quitter immédiatement. Les adeptes de cet avis se réfèrent à un hadîth du Prophète ˜ dont le degré d'authenticité et l'interprétation seront développés plus loin.
Notre jugement concernant ce point est le suivant :
Il va sans dire qu'il est interdit au Musulman de vivre parmi les non musulmans en faisant abstraction de son identité musulmane sauf s'il y est contraint. En effet, le Musulman est appelé à se préserver, ainsi que sa famille et toutes personnes dont il a la charge. Il lui appartient en conséquence, de quitter un lieu ou d'y rester en fonction du danger auquel s'expose sa religion, sa propre personne ou sa famille.
Dieu dit dans le saint Coran : << Ceux qui ont fait du tort à eux-mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant : <> [à propos de votre religion] ; << Nous étions impuissants sur terre >>, dirent-ils. Alors les Anges diront : << La terre d'Allah n'était-elle pas assez vaste pour vous permettre d'émigrer ? >> Voilà bien ceux dont le refuge et l'Enfer. Et quelle mauvaise destination ! A l'exception des impuissants : hommes, femmes et enfants, incapables de se débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie. A ceux-là, il se peut qu'Allah donne le pardon. Allah est Clément et Pardonneur. Et quiconque émigre dans le sentier d'Allah trouvera sur terre maints refuges et abondance [...] >>. (Les femmes : 97-100)
Le verset considère que le Musulman commet une injustice sur sa propre personne en acceptant délibérément de rester dans un endroit qui ne lui garantie pas la protection de sa religion. Seules seront épargnées du supplice de l'Enfer, les personnes auxquelles aucun autre choix ne s'est présenté.
L'immigration devient donc une chose recommandée lorsqu'elle permet de mieux vivre et pratiquer sa religion. L'exemple parfait est celui de la première immigration des Musulmans de la Mecque, où ils étaient opprimés, vers l'Abyssinie chrétienne où ils ont pu vivre en paix sans crainte, ni pour leur religion, ni pour leur vie, ni pour celles de leurs proches. Ils y sont restés jusqu'au triomphe de l'islam dans leur pays d'origine vers lequel ils sont retournés volontairement et non sur l'ordre du Prophète ˜ .
Le hadîth pris en référence ici pour interdire le séjour des Musulmans dans un pays non musulman est rapporté par Jarir ibn 'Abdallah Al Bajli. Il fait allusion à des personnes de Khath'am qui avaient choisi de rester avec leurs proches et amis, même après s'être convertis à l'islam. Dès lors, il était difficile de les distinguer des non musulmans pendant les expéditions, ce qui mettait leurs vies en danger. Ayant appris la mort de certaines de ces personnes lors d'une bataille, le Prophète ˜ a dit : << Je dégage ma responsabilité de tout Musulman qui séjourne au sein des non musulmans >>
6. Appliquer ce hadîth à notre réalité actuelle est inadmissible, de même que dépouiller un hadîth de son contexte ou en supprimer une partie, constitue une des erreurs majeures qui portent préjudice à la compréhension correcte du texte.