| Fatwâ n°13 |
Question : La carte VISA présente de nombreux avantages, aussi bien pour l'émetteur que pour le détenteur qui peut effectuer partout dans le monde des achats sans frais et recevoir en fin de mois un relevé de compte pour les régler en l'espace de cinquante jours. En cas de retard de paiement, la banque exige de l'acheteur des intérêts de retard. Les avantages de cette carte concernent également la banque qui se réserve le droit de prendre 2% sur l'ensemble des ventes réalisées par le vendeur chez qui le détenteur de la carte a effectué ses achats. De plus, la banque propose à l'association caritative, qui le souhaite, d'avoir une carte VISA portant son nom et se charge pour cela de toutes les démarches administratives.
L'avantage de cette opération est que l'association perçoit des bénéfices à chaque utilisation de la carte par son détenteur et ce, sans engagement de frais d'aucune part. En revanche, la banque exige que l'association lui fournisse les adresses de ses donateurs pour les encourager à se munir de la carte VISA. L'association a aussi la possibilité de faire distribuer mensuellement aux détenteurs de la carte, ses courriers par le biais de la banque, ce qui constitue une économie de frais postaux.
La question est donc la suivante : Est-il est permis à cette association caritative de devenir un concessionnaire de la banque pour commercialiser ses cartes VISA, moyennant la promotion et le soutien de ses projets par la banque ?
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Réponse : Dans certains pays musulmans, les banques islamiques éditent des cartes VISA dénuées de soupçons et d'intérêts de banque et accréditées par les organismes de contrôle religieux. Tel est le cas de la Chambre Koweïtienne des Finances, la Banque Islamique du Qatar, la Banque Internationale Islamique du Qatar, la Compagnie Al-Rajihi en Arabie Saoudite et d'autres institutions financières islamiques.
Le problème qui se pose concerne le statut que peuvent avoir ces cartes en dehors des pays musulmans et dans les pays où il n'existe pas de banques islamiques.
La fatwâ adoptée par la plupart des savants musulmans de notre époque est la suivante : il est permis d'utiliser la carte VISA en cas de besoin urgent, avec obligation de régler ses créances avant l'expiration du délai prévu afin d'éviter les intérêts du retard et de tomber dans le péché de l'usure. Il est également recommandé au détenteur de cette carte de ne pas l'utiliser en cas d'avoirs bancaires insuffisants.
Cette autorisation est étendue aux organisations islamiques de bienfaisance qui peuvent servir de concessionnaires à leur banque pour encourager leurs donateurs à se doter de la carte VISA puisque ceci n'engage pas leur responsabilité et n'engendre aucuns frais de leur part. Elles peuvent également percevoir des bénéfices de leur banque pour chaque utilisation de la carte par le donateur qui doit s'assurer de l'approvisionnement suffisant de son compte avant toute opération de retrait.