| Fatwâ n°27 |
| Question :La femme a-t-elle le droit d'ouvrir un compte bancaire en son nom propre pour y verser son salaire ? Ou faut-il que ce soit un compte joint avec son mari pour les dépenses de la famille ?
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Réponse : L'islam a libéré la femme de toutes les contraintes du passé obscurantiste en lui accordant de nombreux droits, sans distinction entre elle et l'homme. Elle peut dorénavant disposer librement et d'une façon indépendante, de ses biens mobiliers et immobiliers, sans l'intervention, ni de son mari, ni de son père. Dieu dit dans le saint Coran : << [...] Aux hommes la part qu'ils ont acquise, et aux femmes la part qu'elles ont acquise [...] >>. (Les femmes : 32)
En conséquence, la femme a tout à fait le droit d'avoir un compte en son nom propre et d'y verser toutes sortes d'argent : salaire, héritage, donation ou autre.
Le mari, quant à lui, n'a pas le droit de l'obliger à avoir un compte joint comprenant les deux salaires dans le but de s'en servir pour les dépenses de la famille. En effet, la responsabilité de l'entretien familial incombe au mari tel que le prévoit la loi islamique. Dieu dit dans le saint Coran : << Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens [...] >>. (Les femmes : 34)
A l'exception de l'imam Al Dhahiri Ibn Hazm qui voit que la femme a le devoir d'entretenir son mari s'il est pauvre, aucun des autres jurisconsultes musulmans n'en voit l'obligation.
De notre côté, nous disons que si l'activité de la femme à l'extérieur engendre des frais supplémentaires pour la famille, tels que les frais de nourrice ou d'aide ménagère, de transports, d'achats de vêtements et autres ; alors il est souhaitable que la femme participe aux dépenses domestiques.
La contribution maximale de la femme ne dépasserait pas un tiers. Les deux tiers seraient supportés par le mari puisqu'il hérite le double par rapport à elle ; il est donc normal qu'il soit amené à dépenser plus.
De plus, nous soutenons l'idée que chacun des deux conjoints ait son propre compte afin d'éviter que certains maris ne convoitent l'argent de leurs épouses. Nous conseillons les femmes d'être extrêmement prudentes quant aux revers de fortune et aux changements de tempérament des maris. Nous n'encourageons pas à mettre tout au nom des maris qui, d'ailleurs, ne doivent pas exiger de leurs femmes de mélanger leurs biens aux leurs, car chacun est libre de disposer de son argent comme bon lui semble.