| Fatwâ n°37 |
| Question :Que dit la chari'a à propos des maris qui interdisent à leurs femmes d'adresser la parole à des hommes alors qu'ils se permettent de le faire avec toutes les femmes ?
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Réponse : Le Prophète ˜ a dit : La pudeur fait partie de la foi.19 Il a aussi dit : La pudeur n'apporte que le bien .20
La pudeur est un comportement louable chez tout le monde, et plus particulièrement chez la femme car elle s'accorde bien avec sa féminité. Cela implique que la femme n'est pas la première à aborder les hommes inconnus, et cela fait partie parfois des coutumes et des traditions, d'un pays à un autre, d'une époque à une autre et d'une situation à une autre.
L'important est de comprendre que la chari'a n'interdit pas à l'homme et à la femme de se parler en cas de besoin et si l'un et l'autre respectent les limites de la chari'a.
Dieu dit dans le saint Coran en s'adressant aux épouses du Prophète ˜ : Ô femmes du Prophète ! Vous n'êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses, ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le cœur est malade [l'hypocrite] ne vous convoite pas. Et tenez un langage décent . (Les coalisés : 32)
On remarque d'après ce verset, qu'en dépit du statut spécial des épouses du Prophète ˜ dû aux restrictions dont elles faisaient l'objet par rapport reste des femmes étaient épargnées, elles n'étaient pas interdites de parole. Toutefois, elles ne devaient pas être trop complaisantes dans leurs propos, de peur que les hommes qui les écoutaient et enclins aux désirs accentués pour les femmes, n'aient de la passion pour elles. Quant aux paroles décentes, elles restaient autorisées. Nombreux sont les hadîths authentiques sur les salutations échangées entre les hommes et les femmes, ainsi que les visites réciproques entre les hommes et les femmes malades.
Néanmoins, une telle liberté ne doit pas faire l'objet d'abus car on ne parle pas à n'importe quel homme et à n'importe quelle femme. Ceci ne relève pas de la courtoisie.
Ce qui doit être retenu, est que la femme peut parler à l'un de ses proches, enseignants, voisins, chef ou collègue de travail ou autres, selon les exigences de la vie et les relations que l'époque actuelle nous impose avec autrui. De plus, tant que la confiance est instaurée, les causes de troubles sont écartées et la situation est normale. Il n'y a rien qui empêcherait les hommes et les femmes d'entretenir des rapports ordinaires, comme c'est le cas dans un grand nombre de pays musulmans.
Il ne faut pas nier l'existence dans certains pays de traditions sévères qui tendent à mettre une fin précoce à la femme en l'emprisonnant à vie chez elle. Parallèlement, nous trouvons certains savants qui soutiennent malheureusement ce genre de tendances. Mais les arguments religieux authentiques, dont l'interprétation est sans équivoque, contredisent ce qu'ils avancent, tout comme les finalités de la chari'a, les intérêts des êtres humains et l'évolution de l'époque et de l'Homme.