| Fatwâ n°41 |
| Question :Quel est l'avis de la chari'a en ce qui concerne la masturbation sachant qu'elle peut empêcher son auteur de commettre la fornication ?
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Réponse : La masturbation est une mauvaise habitude qui est contraire aux bonnes manières et à l'éthique. Les avis des jurisconsultes musulmans à ce sujet divergent. Les uns affirment que c'est un acte catégoriquement interdit haram ; les autres disent que c'est un acte catégoriquement détestable makrûh sans que l'auteur ne soit pécheur. Certains l'ont autorisé en cas de crainte d'adultère et d'autres y voient même une obligation, s'il s'avère être un moyen de prévention contre la fornication, s'appuyant sur le principe de l'empêchement d'un grand mal par un autre plus petit.
Notre opinion tend à dire, notamment dans un pays de permissivité et de libertinage, que c'est un acte détestable et que son auteur ne commet ainsi pas de péché. Nous nous sommes basés dans ce jugement sur le fait que la chari'a nous a guidé vers les moyens de prévention contre la fornication, à savoir le mariage, le jeûne régulier, la patience et la chasteté. L'islam n'a pas mentionné la masturbation comme une prévention recommandée contre l'adultère. Nous disons que le masturbateur ne commet pas de péché en se masturbant parce que la chari'a ne comporte aucune preuve évidente sur le caractère illicite de l'opération. Le verset coranique : Et ceux qui préservent leur sexe et le verset Mais ceux dont les désirs dépassent les limites, ceux-là sont les transgresseurs (Les croyants 5 et 7), sont deux versets qui ne constituent pas une affirmation claire du caractère illicite de la masturbation manuelle.
Par ailleurs, tous les hadîths cités dans ce contexte ne sont pas authentiques, d'autant plus qu'un certain nombre d'éminents savants tels que Ibn 'Abbas, Al Hassan Al Bassri, Ahmed Ibn Hanbal, Ibn Hazm et d'autres 22, ont opté pour la permission de cet acte.
Toutefois, si le désir sexuel de l'homme atteint une intensité telle qu'il l'empêche de réfléchir à d'autres choses et le rend angoissé ; s'il s'avère que la masturbation est un moyen de prévention contre l'adultère ou qui atténuera son orgie, notamment s'il est célibataire ou loin de sa femme ; alors il est autorisé à se masturber sans que l'acte soit détestable.
Cependant, l'homme qui s'adonne à cette pratique doit prendre garde de ne pas en faire une habitude qui pourrait se transformer en une maladie grave, de même qu'il s'expose au risque de ne plus approcher sa femme.
Il faut rappeler que l'homme doit chercher les méthodes légales approuvées par la chari'a pour se préserver contre cette pratique, à savoir le mariage, le jeûne et la patience pour l'amour de Dieu.