| Fatwâ n°5 |
| Question : Est-ce que le nouveau ou la nouvelle convertie est obligé(e) de suivre l'avis d'une des quatre écoles existantes: Hanbalite, Malikite, Hanafite et Chafi'ite? Si tel est le cas, ont-ils le droit de choisir librement l'avis jurisprudentiel qu'ils souhaitent ? La femme est-t-elle tenue de suivre le même avis jurisprudentiel que son mari ?
|
Réponse : Le Musulman n'est tenu de suivre que le Coran et la Sunna prophétique car ce sont les seules sources infaillibles. En dehors d'elles, tout autre avis peut avoir raison comme il peut se tromper. D'ailleurs, les imams suivis ont eux-mêmes mis en garde contre leur imitation.
En revanche, les jurisconsultes conviennent de dire que << commun >> est un terme appliqué à une personne sans doctrine et, dans ce cas, sa seule doctrine est celle qui lui est dictée par les savants. Il est du devoir de cette personne de suivre l'avis qui lui est donné car Dieu dit dans le Coran : << [...] Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas >>. (Les abeilles : 43)
Le Prophète a dit au sujet d'un groupe de personnes : << Ils auraient dû demander s'ils ne savaient pas car c'est le seul remède contre l'ignorance >>.8
Si un Musulman ordinaire vit dans un pays où tous les savants suivent une école particulière, alors il n'y a pas de mal à ce qu'il suive la doctrine courante dans ce pays ; sans pour autant tomber dans un fanatisme qui le pousserait à discréditer les autres écoles. De même, s'il lui arrive de trouver un manque dans la doctrine adoptée concernant une question donnée, il lui appartient de chercher un autre avis qui présente des arguments plus convaincants sur la même question. En effet, le Musulman est esclave de l'argument qui le suit à la trace.
Abû Hanifa disait : << Ceci est notre avis, celui qui apporte un avis meilleur nous l'acceptons >>.
L'imam Malik disait : << Toute personne est encline à l'erreur, à l'exception de celle qui repose dans cette tombe (et il a pointé le doigt vers la tombe du Prophète ˜)>>.
L'imam Chafi'i disait : << Si le hadîth prophétique est authentique, alors suivez-le et balancez mes paroles contre le mur >>.
Chaque Musulman est libre de choisir l'école qu'il estime être la plus appropriée. L'enfant n'est pas obligé d'avoir la même école que ses parents et il en va de même pour la femme avec son mari.
Ce que nous jugeons meilleur pour les Musulmans convertis qui, rappelons-le, ne sont pas tenus d'appartenir à une quelconque école, est qu'ils puissent jouir de la liberté de choisir entre les différentes écoles car l'islam prône la facilité et réfute la difficulté.