JEAN DANIEL du NOUVEL OBSERVATEUR
Le droit pose pour principe que la pensée ne commet pas de délit et que sur cette base il ne peut être reproché à quiconque, en son for intérieur, de concevoir l’inavouable, de haïr ou d’adhérer à une idée criminelle. C’est sur ce fondement que repose la liberté de conscience, liberté phare unanimement proclamée et efficacement protégée dont la négation a longtemps été illustrée par les fameux procès d’intention. Ainsi, il est normal dans un Etat de droit, sain et logique même dans un tel ordre, que tout le monde puisse penser ce qu’il veut sur ce qu’il veut. Ceci ne souffre, du moins nous l’espérons, d’aucune contestation.